Enseignement

APA 4300 – A04 – Processus et design – La palmeraie de Marrakech : Un paysage périurbain

14 septembre — 20 décembre 2004

  • Description

    En automne 2004, 10 étudiants à la maîtrise en architecture de paysage de la Faculté de l’Université de Montréal s’intéressent à Marrakech (Maroc) et les enjeux d’aménagements périurbains qui touchent cette ville.

    Description de l’atelier

    L’atelier « Processus et design » constitue un atelier charnière dans la formation des étudiantes et étudiants à l’École d’architecture de paysage. Précédant le projet de fin d’études, il permet d’aborder toute la complexité d’un projet qui consiste à faire des choix de design et de stratégies paysagères pertinents, supportés par une réflexion théorique soutenue sur un concept contemporain de paysage. À travers ce processus, les composantes physico-spatiales, socio-économiques et culturelles du lieu sont intégrées au projet de manière cohérente. Dans cette démarche, le concept du design devient tout autre qu’un résultat final, il est l’objectif central d’intérêt.

    La Palmeraie de Marrakech – Un paysage périurbain

    (Extrait de la publication WORKSHOP MARRAKECH : La palmeraie en paysages)

    Seule oasis occupant la partie nord de la chaîne du Haut-Atlas du Maroc, la Palmeraie de Marrakech fait face depuis plus de dix ans à une pression foncière croissante. Ainsi, la qualité de ses paysages attire un nombre croissant de touristes, de résidants étrangers et d’investisseurs dont la venue a pour effet de créer une menace réelle, que ce soit par l’augmentation de la valeur des terres, par la difficulté d’assurer l’insertion harmonieuse des nouvelles implantations ou par le maintien d’activités agricoles traditionnelles. Ces pressions de développement que subit le vaste territoire de la Palmeraie depuis 1990, posent plusieurs problèmes complexes :

    • d’ordre environnemental : mutation du couvert végétal, apparition de friches végétales, transformation des écosystèmes naturels, abandon des systèmes d’irrigation traditionnels (khettara) et problèmes d’approvisionnement en eau et de traitement des eaux usées;
    • d’aménagement du territoire : mitage foncier, transformation des structures traditionnelles de l’habitat (douar), recul et disparition de cultures traditionnelles et maraîchères;
    • d’ordre culturel et social : perte de l’identité paysagère et mutation des expressions paysagères, absence de mesure publique de mise en valeur de la Palmeraie, privatisation d’un paysage d’intérêt patrimonial et emblématique;
    • d’ordre économique : développement touristique extensif –circuit de la Palmeraie-, intensif -infrastructures- et domiciliaire de haut de gamme.

    Travail préparatoire au WAT_UNESCO Marrakech 2004 (Maroc)

    • Problématique du Workshop : décrire les termes de la commande, commenter le questionnement général du projet et des enjeux et des problématiques sous-jacentes et documenter le phénomène de la construction et la transformation de cette grande unité paysagère;
    • Description de votre cadre analytique : pertinence des analyses vis-à-vis des termes de la problématique qui sous-tend le projet;
    • Description de l’intentionnalité de votre projet (réf. : énoncé stratégique, intention et parti pris du design) et définition de sa cohérence vis-à-vis de votre cadre analytique;
    • Explication de votre design : en quoi celui-ci apporte une ou des réponses significatives vis-à-vis de la problématique :
      • De quelle manière, votre intention paysagère et votre design invente (ou réinvente) l’espace public et/ou privé de la Palmeraie?
      • De quelle manière, votre parti pris de projet interpelle les questions de préservation ou de mise en valeur des paysages et du caractère identitaire et emblématique du territoire de la Palmeraie ?
      • De quelle manière, les solutions d’aménagement envisagées dans votre projet constituent un levier structurant au développement local et régional ?
      • De quelle manière votre projet bonifie les aspects socio-économiques, culturels et environnementaux de la Palmeraie?
    • Description de manière critique de votre propre rôle dans le groupe, vis-à-vis du travail d’équipe et de votre propre contribution;
    • Tirer votre bilan du Workshop de Marrakech. Tirer les leçons de l’expérience sur le plan du « Processus et design de projet ». De quelle manière, ce travail intensif tout comme le thème abordé à travers ce Workshop contribue à votre réflexion en design et à l’acquisition de vos connaissances comme « architecte paysagiste »?
    • Liste de références bibliographiques 
  • Propositions

    La Palmeraie de Marrakech
    Marrakech - Marrakech - Tensift - Al Haouz (Al Maghrib)

    Travail préparatoire no 01 – La génèse des jardins en Islam et les jardins historiques de Marrakech

    • Csilla Pordany

    Extrait du rapport

    La présence de l’eau fut d’une importance inestimable dans les vieux jardins et cours islamiques. Initialement ces jardins furent une partie intégrale de l’architecture puisqu’ils se trouvèrent dans les cours des mosquées ou à l’intérieur des bâtiments les entourant. Le style de la cour, étant un espace inerte, resta constant. Tandis que le jardin, qui se trouve autour d’un palais, d’une résidence ou d’un pavillon fut sujet aux changements ; il dépend de nombreuses conditions, comme par exemple, les intempéries, ainsi que l’entretien. Contrairement aux jardins occidentaux qui furent utilisés généralement pour la promenade, les jardins islamiques sont lieux de contemplation et de plaisir. Tout d’abord, le jardin islamique devait être «savouré», ensuite, de ce plaisir peut jaillir une appréciation et puis une appréciation. (Lehrman, 1980, p.7)

    Pour bien saisir le concept, la structure et l’art des jardins musulmans ainsi que leur genèse, il est nécessaire de remonter dans le temps jusqu’à la naissance de l’islam, c’est-à-dire les débuts de l’art musulman. Cette exploration historique nous permettra de découvrir la formation et l’évolution de ce domaine. De plus, nous obtiendrons un aperçu de la religion, de la culture et des traditions musulmanes, ce qui nous mènera vers la compréhension des jardins islamiques du Maroc, et plus particulièrement, du réseau vert de Marrakech. Cependant, pour des raisons pratiques, nous n’étudierons pas l’évolution historique des espaces verts à Marrakech, quoique, nous observerons leurs situations dans le réseau actuel.

    La Palmeraie de Marrakech
    Marrakech - Marrakech - Tensift - Al Haouz (Al Maghrib)

    Travail préparatoire no 02 – Le concept de « paysage » au Maghreb: mythe ou réalité?

    • Isabelle L. Lalonde

    Extrait du rapport

    Le paysage. Cet espace où l’homme a contribué par le développement de systèmes d’espaces superposés fonctionnant et évoluant non grâce aux lois naturelles mais en étant au service des communautés (Jackson, 1984, p.8). Cette définition amenée par Jackson en 1984 dans son livre Discovering the vernacular landscape, bien qu’elle ait été développée pour parler du paysage américain, s’applique tout autant aux paysages du Maghreb. Toutefois, le mot paysage en langue arabe est déterminé par deux termes : Mandhar et Machhad. Ces mots définissent aussi bien un objet que la représentation d’un objet c’est-à-dire autant les éléments qui le constituent que l’ensemble d’une vue et d’éléments en interrelation (Latiri, www.cybergeo…). Toutefois, plusieurs critères entrent dans les paysages arabes : le visuel, l’esthétisme et le sensoriel. Le Mandhar et le Machhad ne réfèrent pas à des représentations picturales comme en occident pour le mot paysage et n’a aucun lien avec le « pays ». C’est plutôt dans la littérature géographique et dans les poèmes arabes que l’image du paysage se fera. L’échange des contes et légendes est aussi un point important des pays arabes car ils ont su entretenir en mémoire, depuis des centaines d’années, des contes multiples. On peut remarquer la force des contes arabes par la popularité des Mille et une nuits qui ont su traverser l’Atlantique.

    En voyageant, ces contes ont pu développer des mythes, ces représentations de l’esprit, déformées ou amplifiées par l’imaginaire collectif et la tradition, et ont pu être véhiculées dans différentes parties du monde. Mais à travers ces images du paysage, existe-t-il un concept de paysage au Maghreb, dans cette Terre du Couchant qui comprend l’ensemble des pays du nord-ouest de l’Afrique soit le Maroc, l’Algérie et la Tunisie? Plusieurs facteurs lient les pays du Maghreb. Dans l’ensemble, ils sont liés par une population, une culture ainsi qu’une topographie similaire. Le Maroc, l’Algérie et la Tunisie sont limités au nord et à l’est par la mer Méditerranée, à l’ouest par l’océan Atlantique et au sud par le désert du Sahara. De plus, traversant ces trois pays d’ouest en est, l’ensemble montagneux de l’Atlas est un autre lien topographique important entre les pays.

    La Palmeraie de Marrakech
    Marrakech - Marrakech - Tensift - Al Haouz (Al Maghrib)

    Travail préparatoire no 04 – Le paysage de l’oasis dans le sud du Maroc

    • Claude Cournoyer

    Extrait du rapport

    Après les montagnes, il convient enfin de parler du désert. Ce dernier débute au sud de l’Anti-Atlas, à la frontière du Sahara, là où une immensité rocailleuse laisse peu à peu la place au sable et aux dunes. À cet endroit, le Maroc rencontre une autre mer, une mer aride : le vrai désert, l’impressionnant, le mythique. Au milieu de cette mer sableuse cultive, commerce et attend que le temps s’écoule. Un temps qui dans le désert paraît s’être arrêté pour toujours sous l’empire d’un climat infernal, d’un panorama d’une simplicité éblouissante mais surtout d’une force surnaturelle. En dehors des oasis, rien ne pousse sur ce territoire, rien ne bouge hormis le vent qui dessine les dunes. C’est là, au sud de l’Anti-Atlas, que le Maroc trouve ses limites, comme si le pays qu’on nomme celui des mille couleurs voulait nous offrir une dernière surprise, la seule à ne jamais prendre fin. L’homme y créa son propre paradis, résultat d‘un savoir-faire agricole et architectural distinctif. Cependant, il faudra être prudent puisque cette richesse est aujourd’hui mise en danger. Le désert avance rapidement, les oasis se voient restructurées en fonction des besoins socio-économiques du pays.

    Marrakech - Tensift - Al Haouz (Al Maghrib)

    Travail préparatoire no 05 – La palmeraie de Marrakech : organisation sociale et économique, cadre de vie et paysage (paysage et société)

    • Guillaume Vanderveken

    Extrait du rapport

    La Palmeraie de Marrakech est depuis des générations intimement liée à la vie sociale et économique de la ville et ceci se reflète non seulement à Marrakech, mais aussi dans plusieurs autres villes du Maroc. L’agriculture vivrière, qui se dit des cultures dont les produits sont destinés à l'alimentation, mais surtout l’exploitation du palmier dattier est depuis longtemps intégré à l’agriculture marocaine, qui réussit à survivre grâce au système paysan, mais ingénieux, des khéttaras, système d’irrigation traditionnel. Aujourd’hui, les liens étroits entre les marrakéchis et la Palmeraie, surtout au niveau agricole sont pratiquement anéantis. Pourquoi en est-il ainsi aujourd’hui, et qu’elles sont les causes de cette résultante? Est-elle irréversible? Ce sont là les questions auxquelles tenteront de répondre ce texte. Disons tout d’abord que les causes qui ont entraîné ce phénomène de détachement sont nombreuses et très complexes; le découpage territorial, l’implantation touristique, les nouveaux modes de vie, le protectorat français et les nouvelles technologies font parties de ces causes. Ce faisant, c’est tout un mode de vie, une culture, qui sont quasiment disparues, laissant à l’errance une grande partie du peuple marocain. Ce texte tentera plus précisément de cerner la relation originale des habitants et sa Palmeraie, des causes de ce détachement paysan traditionnel, de l’organisation sociale et enfin du lotissement des terres. Où est passé la description que fait Mohammed El Faïz en parlant de la Palmeraie : « poumon qui rythmait du souffle de sa respiration l’espace de la cité, lequel restait encore, malgré les agressions du béton, un espace de bahja, cette « joie de vivre » tant célébrée par les chanteurs et les poètes. […] un patrimoine végétal, l’ensemble d’une réserve écologique, est livré à l’urbanisation, tout un pan de la nature est en train de s’effondrer sous nos yeux […] »

    La Palmeraie de Marrakech
    Marrakech - Marrakech - Tensift - Al Haouz (Al Maghrib)

    Travail préparatoire no 06 – Le tourisme et la transformation du territoire et du paysage au Maroc

    • Frédérick Brault

    Extrait du rapport

    Le tourisme n’est pas un phénomène nouveau. Depuis quelques siècles déjà, il est pratiqué un peu partout dans le monde. Le concept du tourisme date du 18e siècle, alors que le « « Grand Tour of Europe » devint une part de l'éducation des jeunes et riches gentilshommes britanniques. Pour parachever leur éducation, nombre de jeunes gens allaient partout en Europe, mais surtout en des lieux d'intérêt culturel et esthétique comme Rome, la Toscane ou les Alpes, et les capitales européennes» (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tourisme). Par la suite, le 19e siècle vit l’apparition du tourisme de loisir et du tourisme de santé, « inventés » encore une fois par les Anglais, ces derniers faisant partie de la première nation à s’industrialiser, et donc permettant à une certaine classe de gens de prendre du temps pour des activités de loisirs. De plus, on vit plus tard dans ce même siècle l’apparition du tourisme de masse, en grande partie dû à une amélioration des communications, ce qui permettait « the transport of large numbers of people in a short space of time to places of leisure interest » (http://en.wikipedia.org/wiki/Tourism), et aussi à cause du fait que « greater numbers of people began to enjoy the benefits of leisure time. A major development was the invention of the railways, which brought many of Britain's seaside towns within easy distance of Britain's urban centres » (http://en.wikipedia.org/wiki/Tourism). Finalement, le tourisme de masse comme on le connaît aujourd’hui ne prit véritablement son envol que dans les années 1960, alors que des voyages par avion à bas prix, liés avec des forfaits de style « tout inclus » firent leur apparition.

    Le tourisme est un phénomène qui n’épargna pas le Maroc. Ce pays «possède des atouts naturels et historiques très importants et un patrimoine culturel riche diversifié», (Ministère de la Communication du Maroc, http://www.mincom.gov.ma/french/generalites/tourisme/tourisme.html), lui permettant d’être une destination de choix pour les touristes internationaux. Il y a les plages, il y a les montagnes, le désert, les villes impériales, les paysages magnifiques, etc. Depuis les années 1960, le gouvernement a vraiment fait du tourisme une de ses priorités, et avec raison d’ailleurs. Comme on le verra plus loin, le tourisme est très important pour le Maroc, surtout en ce qui concerne l’économie. Notons par exemple qu’aujourd’hui, le tourisme représente 7% du PIB du pays. Mais les impacts du de ce secteur économique vont plus loin que simplement les dollars remplissant les coffres de ce pays. Cette industrie affecte le développement du pays, ses espaces. Elle affecte ses paysages. Elle affecte les habitants du Maroc. Ce sont là des choses auxquelles on ne pense pas, mais qui valent la peine de s’y attarder.

    La Palmeraie de Marrakech
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    Travail préparatoire no 07 – Temps social, temps économique et temps naturel au Maroc aujourd’hui : tradition et modernité

    • Yannick Roberge

    Extrait du rapport

    Luginbühl (2003), dans un texte récent, définit le temps social du paysage comme étant « celui pendant lequel évolue le paysage sous l’effet des dynamiques sociales, qui se manifestent par des changements des structures paysagères radicaux et rapides ou progressifs et lents dus aux actes, événements et pratiques collectifs » (Luginbühl, p.85). Quant au temps naturel, il le définit comme étant « celui pendant lequel se déroulent des processus écologiques et physiques : changement de la composition végétale de talus de routes consécutif à un remembrement, repopulation végétale entraînée par l’abandon de terres agricoles, (…) transformations du paysage entraînées par les mouvements tectoniques ou sédimentaires (le comblement d’un estuaire par les sédiments marins et fluviaux par exemple) » (Luginbühl, 2003, p.86). Si ces deux temporalités se déroulent en théorie à des rythmes distincts et variables, on ne peut dire que chacune d’elle est indépendante de l’autre. En fait, ce qui constitue le paysage et qui, dans ce texte, constituera la finalité de chacune des démonstrations, n’est en fait que l’expression de ce dialogue entre les activités humaines et les territoires sur lesquels elles se manifestent, modelant ici de multiples façon ses formes et les significations qui lui sont rattachées. Car il serait faux de croire qu’inversement ces formes plus ou moins volontaires n’ont aucun impact sur les pratiques collectives qui les ont modelées. Plutôt que séparées, les différentes temporalités seraient prises dans un cycle par lequel, comme affirme Berque, « les individus se représentent un milieu dépendamment de l’utilisation qu’ils en font et modifient ce milieu en concordance avec cette interprétation ».

     

     

    C’est donc dire en théorie que les temps sociaux, économique et naturel, dans des espaces et sociétés repliées sur elle-même et indépendantes de forces exogènes, pourraient se perpétuer à l’infini dans cette boucle par laquelle des pratiques s’inscrivant sur des territoires sont renforcées par les signes mêmes qu’elles y projettent et qui en perpétue l’existence. Or cet équilibre n’est que théorique et le texte qui suit voudrait bien offrir quelques exemples de ces déséquilibres et forces qui, à un moment ou un autre, redéfinissent les configurations diverses, sociales, économiques et culturelles d’une région et, conséquemment, leur espace.

    Plus particulièrement, c’est à l’espace du Maroc que l’on s’intéressera. Et c’est bien sur la notion de déséquilibre et de fragment que l’on se portera dans notre discussion plutôt que sur celle de structure, sur cette différence radicale, sur cette coupure, sur cette zone n’appartenant ni à elle, ni à celle-là que supposent les termes tradition et modernité.

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    Travail préparatoire no 08 – Les paysages urbains au Maroc

    • Axelle Buriez

    Extrait du rapport

    Les villes marocaines, comme beaucoup de villes nord-africaines, ont l’originalité de posséder une structure duale. Elles sont composées d’une partie indigène (médina) et d’une partie européanisée (ville nouvelle développée à partir de 1912 sous l’autorité du protectorat français).

    Anciennes villes intégrées, qui « constituaient l’unité sociale de référence, l’image de la consolidation de la sédentarisation, des espaces perméables aux noyaux ruraux environnants qui les nourrissaient, et aux activités marchandes qui les soutenaient » (Centre du patrimoine mondial de l’Unesco, Médinas: sauvegarde sélective de l’habitat traditionnel ?, La lettre du patrimoine mondial, no 9 décembre 1995), les médinas ont su assurer durant des siècles un tissu social vivant et efficace, et ce en dépit de leur fermeture derrière des remparts érigés pour les protéger.

    Mais lors de l’élaboration des villes nouvelles par des architectes et urbanistes français, l’accent est mis sur l’essor des ports, afin d’y exporter les richesses coloniales et de servir de comptoir aux importations, ainsi que sur un processus d’urbanisation selon une trame d’avenues et de boulevards donnant une façade contrôlée et policée du régime. Après la fin de l’indépendance, avec la mondialisation de l’économie et l’internationalisation des échanges, ces dernières vont toujours plus s’accroître, créant une scission plus grande encore avec le tissu traditionnel statique des médinas.

    Ces grandes villes, vitrines d’un Maroc moderne, vont attirer les populations rurales troublées par l’espoir d’une vie plus facile ; et l’efficace mais fragile équilibre économique et social qui s’opérait entre la médina, cœur urbain, et ses campagnes environnantes, va s’écrouler, engendrant des troubles identitaires au sein de la population.

    Désormais l’explosion démographique de ces grandes villes créées sera telle que la construction d’immeubles et de logements ne pourra plus suivre ce rythme effréné, et on verra s’étendre de plus en plus loin du centre, un nombre impressionnant de quartiers pauvres et de bidonvilles où s’entassent les ex populations rurales et divers immigrés.

    Le Maroc se divisant en longues bandes géographiques au relief parfois très accentué, les régions sont assez isolées les unes des autres. Les villes qui s’implantent dans chacune de ces bandes vont donc présenter des caractéristiques qui leur sont propres ; modelées tout au long de l’histoire marocaine.

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    Travail préparatoire no 09 – L’aménagement du territoire au Maroc : survol des politiques urbanistiques et environnementales

    • Cédric Proulx

    Extrait du rapport

    Pays d’art et de beauté, pays où à l’architecture particulière se mélange sont histoire et ses multiples influences. De guerres en guerre, de succession en succession, le Maroc reste le fruit du passage de la beauté et de la bêtise humaine. L’islam et les influences de l’orient, mélangé à la vieille souche berbère et des héritages spirituels et culturels, pourtant, le Maroc à su en faire une culture originale. Pays de soif où les pluies sont rares et les cours d’eaux limités, l’homme a pourtant su tirer profit de ces contraintes pour faire découvrir aux visiteurs des jardins exceptionnels contrastant à l’aridité du climat environnent. C’est grosso modo l’idée général qu’on peut tirer de différent guide touristique ou livre nous décrivant le Maroc. Ces documents nous exposent en rien aux problématiques actuelles du Maroc. Aujourd’hui, les marocains font face à plusieurs problèmes, malgré les efforts datant du protectorat pour contrer le développement anarchique en périphérie des villes, le Maroc doit composer avec une population sans cesse grandissante abandonnant le monde rural pour un mode de vie urbain. Combiné à plusieurs autres réalités, il ne va pas sans dire que l’environnement en est fortement touché. Le patrimoine, la force culturelle et symbolique est même menacée par tous les chambardements que le Maroc contemporain a subis ces dernières années. Ce présent travail a pour but de comprendre l’aménagement du territoire au Maroc depuis son tout début.

    La Palmeraie de Marrakech
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    Travail préparatoire no 10 – Balisage international des projet d’aménagement de paysages sur la périphérie des villes et des métropoles

    • Gabriel Lussier

    Extrait du rapport

    Pour reprendre la présentation du sujet d’étude, on rappellera un fait connu de tous; les territoires au pourtour des grandes villes sont victimes de pressions urbanistiques toujours en croissance. Depuis les 20 dernières années les paysages périurbains sont devenus une problématique majeure. Partout dans le monde, les grandes villes sont assujetties à vivre l’expansion de leurs territoires urbains. Les projets de développement de la banlieue viennent modifier, souvent radicalement, la nature et l’organisation du territoire, en imposant un ordre nouveau.
    Présent tout autour du globe, l’étalement urbain prend différentes formes en fonction de son contexte: dans les pays en voie de développement, l’exode rural des paysans appauvris par les famines et les mauvaises conditions agricoles, vient créer au pourtour des villes des développements d’auto constructions. Ces établissements, qualifiés par la communauté internationale de bidonvilles, exercent des pressions importantes sur les écosystèmes naturels et les paysages humanisés. Dans les pays développés, l’étalement urbain résidentiel prend forme sur des territoires ruraux, et naturels. Ces développements ne respectent souvent pas l’essence et le caractère particulier du site. Il semble de plus en plus, que ces tendances de périurbanisation traversent librement les frontières à l’image des politiques de libre échange, pour coloniser différents pays.
    Cette situation rend l’étude des exemples de périurbanisation internationaux tout à fait pertinente. Dans le cadre d’un workshop sur la palmeraie de Marrakech, elle permettra de mieux comprendre les pressions de développement local et international, afin de les réorienter dans une conception de projet.
    Dans ce travail de recherche, on tentera donc de démontrer en premier lieu la nature des développements en périphérie de Marrakech ainsi que leurs origines. D’une manière plus globale, un échantillon de projets d’aménagement internationaux représentatif des pressions qui affectent la palmeraie, sera présenté dans le but d’exprimer cette réalité ailleurs dans le monde. Finalement un bilan critique sera élaboré pour établir une synthèse des forces en présence et de leur expression mondiale.

  • Équipe

    Équipe pédagogique
    • Philippe Poullaouec-Gonidec
      Professeur associé École d’urbanisme et d’architecture de paysage / Chercheur principal Chaire UNESCO en paysage urbain (CUPUM) / Chaire en paysage et environnement (CPEUM)
    • Stefan Tischer
      Professeur Faculté d’architecture d’Alghero / Directeur École d’urbanisme et d’architecture de paysage / Professeur École d’urbanisme et d’architecture de paysage / Coordonateur École d’urbanisme et d’architecture de paysage / Professeur agrégé École d’architecture de paysage / Chercheur Chaire UNESCO en paysage urbain (CUPUM)
    • Maria Gabriella Trovato
      Professeure Département OASI, planification de la ville, du paysage et du territoire (Institut Reggio Calabria) / Docteure de recherche en architecture de paysage Département OASI, planification de la ville, du paysage et du territoire (Institut Reggio Calabria)
    • Sébastien Marot
      Professeur invité Université de Montréal
    Participants
    • Yannick Roberge
      Agent de recherche Chaire UNESCO en paysage urbain (CUPUM) / Conception Chaire UNESCO en paysage urbain (CUPUM) / Assistant de recherche Chaire en paysage et environnement (CPEUM) / Étudiant École d’urbanisme et d’architecture de paysage / Architecte paysagiste N/A
    • Isabelle L. Lalonde
      Assistante de recherche Chaire UNESCO en paysage urbain (CUPUM) / Étudiante École d’urbanisme et d’architecture de paysage
    • Axelle Buriez
      Étudiant École d’urbanisme et d’architecture de paysage
    • Cédric Proulx
      Étudiant École d’urbanisme et d’architecture de paysage
    • Claude Cournoyer
      Étudiant École d’urbanisme et d’architecture de paysage
    • Csilla Pordany
      Étudiante École d’urbanisme et d’architecture de paysage
    • Frédérick Brault
      Étudiant École d’urbanisme et d’architecture de paysage
    • Gabriel Lussier
      Étudiant École d’urbanisme et d’architecture de paysage
    • Martin Bérubé
      Étudiant École d’urbanisme et d’architecture de paysage
    • Guillaume Vanderveken
      Université de Montréal
  • Enjeux

  • Ressources complémentaires

  • Partenaires

    Autres partenaires

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